PARIS (AFP) – Le parcours de la flamme olympique à travers Paris a été marqué lundi par de multiples incidents, provoqués par des manifestants pro-tibétains, entrainant l’interruption du relais à plusieurs reprises et contraignant les autorités à éteindre momentanément la torche, en dépit d’un service d’ordre impressionnant.

L’itinéraire de la torche olympique a été modifié, au niveau de l’Hôtel de Ville de Paris, à la suite d’une décision des organisateurs.

PARIS (Reuters) – Sous la pression des défenseurs des droits de l’homme et du Tibet, le voyage de la flamme olympique d’Athènes à Pékin a sombré dans le chaos lundi à Paris où la torche a effectué une grande partie du trajet en autocar.

Le relais de 28 km prévu dans la capitale a été purement et simplement abandonné en fin de parcours après avoir été jalonné d’incidents et d’arrestations – au moins 23 selon l’association Tibet Libre – parfois musclées.

De Gilbert :

Après les incidents de Londres hier, nous avons assisté aujourd’hui, lors du parcours de la flamme olympique de la Tour Eiffel au Stade Charletty, à une véritable levée de boucliers contre la Chine et pour la libération du Tibet.

Tout au long du parcours, les porteurs de drapeaux tibétains sont priés par la police de partir ou de ranger leurs drapeaux alors que les drapeaux français et chinois étaient autorisés.
Tout au long du parcours, des hommes et des femmes se sont allongés pour stopper ou ralentir le cortège.

En lisant plusieurs revues de presse de sources sérieuses comme Le Monde, j’ai essayé de faire un historique des nombreux évènements qui ont perturbé le parcours de la flamme Olympique. Les photos sont de source AFP.

Tour Eiffel :

Avant le départ de la flamme, Mireille Ferri (Verts), vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, a été interpelée ainsi que 7 autres personnes, alors qu’elle approchait de la Tour Eiffel, un extincteur à la main.

Noël Mamère, ancien candidat des Verts à la présidence de la République, a vivement mis en cause Jacques Rogge, président du Comité international olympique : « Rogge est un paillasson, le collabo d’un régime auquel il a donné les Jeux il y a sept ans »

Au cri de « Liberté pour le Tibet », Sylvain Garel, président des élus Verts au conseil de Paris, a tenté d’arracher la flamme à son premier porteur, l’athlète Stéphane Diagana.

Diagana qui portait le badge spécial « Pour un monde meilleur », conçu par les athlètes français, a déclaré : « Ce badge que l’on porte, c’est un message d’amour, de solidarité et de partage ».

La flamme est éteinte une 1ére fois.

 

CHINE - TIBET - JO - Manifestation Paris - Drapeau RSF 2.jpg

Pendant ce temps, 3 militants de Reporters sans frontières (RSF) ont déployé sur la Tour Eiffel un drapeau noir frappé des anneaux olympiques ayant pris la forme de menottes. Ils se sont enchainés à la structure métallique jusqu’à ce que des pompiers viennent les déloger de là …

De l’autre côté de la Seine, des défenseurs de la cause tibétaine manifestaient sur le Parvis des droits de l’homme devant le Palais du Trocadéro … Une demi-douzaine de personnes ont tenté d’éteindre la flamme olympique sur le parcours et le parcours a d’abord été interrompu une première fois sur la rive gauche de la Seine.

Quai Branly :

CHINE - TIBET - JO - Manifestation Paris - flamme eteinte.jpgLa flamme est éteinte et évacuée une 2éme fois.

Un policier a arraché un fanion de Reporters sans frontière (RSF) des mains d’une Vietnamienne. Elle portait un tee shirt où l’on pouvait lire: «Chantons pour les droits de l’Homme», en français et en anglais.

Des policiers arrachent également les fanions RSF brandis par un groupe de militants du Mouvement démocrate (MoDem), mais leur chef de file à Paris, Marielle de Sarnez, ne s’est pas laissée faire. «Dans quel pays sommes nous pour qu’on confisque un drapeau dans une manifestation pacifique», a-t-elle demandé, affirmant que «la France s’honorerait à parler plus fermement du Tibet».

Quai Saint-Exupéry (XVIe arrondissement)
nouvelle tentative d’extinction

France télévisions, (XVe arrondissement)

La flamme a également été éteinte pendant une vingtaine de minutes à proximité de l’immeuble de France télévisions, dans le XVe arrondissement.

Issy-les-Moulineaux :

La torche est éteinte une 3éme fois, alors que le relais passait sur la rive gauche de la Seine près d’Issy-les-Moulineaux, avant de reprendre sa route dans les mains du judoka David Douillet, double champion olympique.

Trocadéro

Manifestation dans le calme

Avenue Marceau

Reporters sans frontières a déployé son drapeau noir Avenue Marceau où la flamme est arrivée avec près d’une heure de retard sur son horaire toujours à bord de l’autocar.

Champs Elysées

Le relais de la torche olympique, qui a été de nouveau interrompu entre l’Alma et l’Arc de Triomphe, a repris pour la descente des Champs-Elysées où elle est copieusement huée par des passants et des manifestants pro-Tibétains massés sur le parcours.
Un drapeau noir de l’organisation Reporters sans frontières est déployé au troisième étage d’un immeuble de l’avenue des Champs-Elysées, au passage du relais de la flamme olympique.

Mairie de Paris

Le cortège ne s’est pas arrêté une demi-heure à l’Hôtel de Ville comme le prévoyait le programme officiel.
Selon la Préfecture de Police, ce changement d’itinéraire a été décidé par les organisateurs et notamment par l’ambassade de Chine en France.

CHINE - TIBET - JO - Manifestation Paris - Elus Mairie de Paris.jpg

Il faut dire qu’un panneau était affiché sur la facade de l’Hotel de Ville, disant: « Paris défend les droits de l’homme partout dans le monde ».. Avec un petit bonus : un drapeau tibétain et un drapeau noir RSF y avaient aussi été accroché par des élus !!!

L’affaire a pris des allures d’incident diplomatique et Bertand Delanoë a déclaré « Les autorités chinoises n’ont pas souhaité que la flamme s’arrête devant l’Hôtel de Ville. C’est de leur responsabilité. J’avais cru comprendre que l’attribution des JO à Pékin était un signe d’ouverture. »

Notre-Dame

Robert Menard, président de RSF, qui avait disparu depuis ce week-end, avait en réalité « escaladé la façade de la cathédrale la nuit dernière accompagné de deux professionnels », a-t-il raconté à l’AFP.
Selon lui, l’ascension a duré 3h30. Il est ensuite resté caché dans la cathédrale jusqu’en milieu d’après-midi, le temps de déployer la banderole, puis de redescendre pour rejoindre les manifestants. (AFP)

Des militants de l’association RSF ont lancé des fumigènes et des tracts du haut des tours de Notre Dame.

Assemblée Nationale :

Les quatre groupes parlementaires ont suspendu leurs travaux pour manifester leur solidarité aux Tibétains lors du passage de la flamme olympique devant l’Assemblée nationale.

Le président UMP de l’Assemblée, Bernard Accoyer, n’a en revanche pas accédé à la demande du groupe socialiste de déployer le drapeau du Tibet sur le fronton de l’Assemblée en invoquant le principe de neutralité des services publics qui «s’oppose à ce que soient apposées sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques».

CHINE - TIBET - JO - Manifestation Paris - Deputes devant Assemblee Nationale.jpg

Plus de quarante parlementaires ont manifesté en faveur des droits du peuple tibétain et tous scandaient «Liberté pour le Tibet», avant d’entonner la Marseillaise.

Une banderole portant l’inscription «Respect des droits de l’Homme en Chine», avec à côté un drapeau du Tibet, a finalement été accrochée à une rambarde, à côté des marches de l’Assemblée nationale.A 17 h 05, à cause des nombreuses manifestations pro-tibétaines, la police annonce que les derniers relais de la flamme olympique dans les rues de Paris sont purement et simplement supprimés.
La torche est allée directement en bus au stade Charléty, Porte de Gentilly.

La cérémonie à l’ambassade de Chine a été purement et simplement annulée.

L’article du Monde

La pétition pour la Libération du Tibet